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L'état de la santé des Autochtones au Canada — Dre Raven Dumont-Maurice

19 min | Publié le 25 octobre 2021

Des gens de partout au Canada ont célébré la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation cet automne, après un été déchirant où des milliers de tombes anonymes ont été trouvées sur des terrains d’anciens pensionnats autochtones à travers le pays. Nous discutons avec la pédiatre Raven Dumont-Maurice, qui vient de la communauté algonquine de Kitigan Zibi dans la région de l’Outaouais et joue un rôle de défenseur de la santé des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Cet épisode est disponible en français seulement.

Transcription

Alex Maheux :    

Bonjour et bienvenue au balado d’information sur la santé au Canada. Je suis votre animatrice, Alex Maheux. Dans cette émission de l’Institut canadien d’information sur la santé, nous allons analyser les systèmes de santé du Canada avec des patients et des experts qualifiés. Restez à l’écoute, car nous irons au-delà des données pour en savoir plus sur le travail qui est fait pour nous garder en santé.

Aujourd’hui, nous parlons avec le docteur Raven Dumont-Maurice qui vient de la communauté algonquine Kitigan Zibi, dans la région d’Outaouais. Docteur Dumont-Maurice est pédiatre à Kanesatake et experte dans le domaine de la santé des Premières Nations, Inuits et Métis. En ces temps incertains, nous nous réunissions virtuellement depuis les 4 coins du Canada. L’ICIS aimerait reconnaître les territoires que nous occupons tous, qu’ils aient été cédés par traité ou non. Et rappelez-vous que les opinions et commentaires de nos invités ne reflètent pas nécessairement ceux de l’institut canadien d’information sur la santé.

Bonjour Raven, bienvenue au balado.

Raven Dumont-Maurice :    

Bonjour, ça va bien?

Alex Maheux :    

Oui, ça va bien. Et vous?

Raven Dumont-Maurice :    

Oui, très bien, merci.

Alex Maheux :    

Raven, je vais commencer tout de suite. Vous êtes docteur, pédiatre pour être exact, à Kanesatake, près de Montréal. Je dois premièrement vous demander, les derniers 10 mois ont été très difficiles pour beaucoup de personnes, comment les avez-vous vécus personnellement et aussi comme travailleurs de la santé durant une pandémie?

Raven Dumont-Maurice :    

Oui, c’est sûr que ça vient avec des challenges particuliers. J’ai été très chanceuse d’être en congé maternité pendant les 3–4 premiers mois de la pandémie.

Alex Maheux :    

¹óé±ô¾±³¦¾±³Ù²¹³Ù¾±´Ç²Ô²õ!

Raven Dumont-Maurice :  

Oui, merci beaucoup! C’était fantastique, mais à la fois, toujours comme une petite culpabilité de est-ce que je dois travailler? On voit les médias que les docteurs, ils travaillent en débordement. Mais bon, avec le retour au travail, c’est sûr que le gros challenge c’était de ne pas voir nos patients en personne, forcément. Ça, c’était un gros ajustement, surtout en pédiatrie où est ce qu’on est on the [indicernable], on veut toujours voir nos patients, examiner, avoir un bon aspect de du patient complet. Mais il y a eu plusieurs mois que c’était par téléphone. C’est vrai que c’est juste dans les derniers mois que je vois mes patients réguliers en personne. Il y en a plusieurs qui sont partis, ça fait environ 18 mois que je n’ai pas vu. Ça fait que c’est comme de gros changements. Ça fait vraiment du bien de voir les enfants en personne, dernièrement. Changer la façon de penser pour la médecine, la télémédecine, c’est quelque chose qui, je pense, va rester. Ce fut vraiment difficile au début, mais là maintenant on comprend un peu mieux l’application puis comment ça fonctionne.

Alex Maheux :    

Des bébés partout dans votre vie!

Raven Dumont-Maurice :    

Exact!

Alex Maheux :    

Vous êtes algonquine de Kitigan Zibi où vous êtes née et vous avez passé votre enfance. Est-ce que vous vous souvenez d’un moment précis qui vous a marqué où vous avez décidé : je dois m’impliquer dans le domaine de la santé pour aider ma communauté et être une voix autochtone dans le système?

Raven Dumont-Maurice :    

C’est une bonne question. Ce n’est pas quelque chose que je pensais quand j’étais plus jeune. Même que je me rappelle, mon professeur de sciences quand j’étais au secondaire m’a suggéré de devenir médecin puis j’ai fait comme oh! Ce n’est même pas quelque chose que je pensais.

Alex Maheux :    

Ce n’est pas pour moi!

Raven Dumont-Maurice :    

Pas du tout. Je ne peux pas dire que j’avais une voie de carrière en tête à ce moment-là. Arrivée un peu plus tard au cégep, c’était plutôt la nutrition qui m’intéressait. Je faisais beaucoup de sport. J’ai fait un bac en nutrition pendant 2 ans. Et, je pense, le deuxième été que j’ai fait ce bac-là, j’ai pu avoir un placement dans la communauté au ºìÁì½í¹Ï±¨ centre, sur la réserve à Kitigan Zibi. On travaillait avec les personnes plus vieilles atteintes de diabète, même les plus jeunes au camp de jour, ça faisait le tour. Et j’aimais ce que je faisais, mais c’est à ce moment-là que j’ai dit OK, il y a beaucoup de pathologie, il y a beaucoup de choses que je pourrais faire, je pense, de plus en tant que médecin.

Ça a donné que c’était autour des années 2007–2008 et c’est en 2008 que le programme des facultés de médecine pour les Premières Nations et les Inuits du Québec a été lancé. C’est un projet pilote en 2008. Organiquement, c’est arrivé comme ça. J’ai appliqué en médecine via le programme. Et bon, j’ai pu rentrer. Cette année-là, il y avait 4 places pour les personnes premières nations mises de côté, dans le fond de plus, qu’il y avait de déjà attiré au Québec. Et 3 de ces 4 places-là ont été comblées en 2008. Une de ces personnes-là c’était moi, finalement.

Alex Maheux :    

Wow!

Raven Dumont-Maurice :    

C’était juste parfait, ça a juste bien adonné là.

Alex Maheux :    

Oui, ça a bien marché pour vous. Alors vous avez quitté votre communauté pour poursuivre une éducation en médecine. Comment a été votre expérience comme étudiante autochtone? Est-ce que vous vous souvenez de certains moments où vous avez eu des doutes par rapport au choix de vos études?

Raven Dumont-Maurice :    

Absolument. C’est sûr, on recule de beaucoup d’années et beaucoup moins d’expérience à ce moment-là. Je ne suis plus la même personne à 34 ans que (bon, mon Dieu, je viens de dévoiler mon âge!) quand j’ai appliqué. Je comprends beaucoup plus maintenant pourquoi le programme est là, l’importance de la représentation. Mais c’est sûr que ça venait jouer un peu dans mon, pas dans ma santé mentale, mais disons qu’il y avait des moments plus difficiles ou ce sont des matières que je trouvais plus difficiles à concevoir. Il y a déjà eu certains commentaires comme je suis rentrée un petit peu par la porte arrière, la côte R est différente, et cetera. Et oui, ça venait jouer, assez souvent je dirais, surtout en début, d’immenses classes. Je suis allée au cégep à Hull, ce n’était pas un hyper gros cégep. C’est sûr, c’est une différence de l’école secondaire. Mais là, on arrive dans une classe de 200 personnes venant de partout. Au début, c’est sûr que je m’assoyais toujours en arrière, je n’avais pas une immense confiance. Et avec le temps, ça s’est amélioré.

Il y a quand même eu des hauts et des bas. Dans la dernière année, surtout avec ce qui s’est passé avec Joyce évidemment l’an dernier, on a fait, pour moi personnellement, beaucoup de réflexion aussi sur ma formation et comment est-ce que la formation médicale a pu contribuer, on est exposé à quoi? Je m’en rends compte et j’ai partagé ces histoires-là dans le passé aussi, oui, il y a beaucoup de moments de racisme qui n’est pas toujours hyper évident à l’œil nu comme qu’on dirait. Il y a beaucoup de micro-agressions pendant nos études en médecine, surtout nos années cliniques. C’est à dire les 2 premières années, on est sur les bancs d’école, les deux dernières années de la médecine, on est dans les hôpitaux. On est sur les équipes, on est sur les planchers. Beaucoup de commentaires par rapport aux patients.

Moi-même, j’ai déjà été exclu, une fois, en avant de mes pairs. Le commentaire, à ce moment-là, il y avait un patient hyper compliqué et on m’a expliqué que je ne verrais jamais quelque chose d’aussi compliqué sur une réserve alors je pouvais partir à la maison plus tôt. Alors, il y a eu ces moments-là, ici et là dispersés, qui ont joué sur ma confiance, mais bon.

Alex Maheux :    

C’était quoi ta réaction quand c’est arrivé?

Raven Dumont-Maurice :    

Initialement, j’étais un peu comme je le croyais, j’étais comme OK, je suis restée, par contre, un peu fâchée, mais à la fois c’est sûr que c’est un temps qu’on est toujours évalué, on veut toujours performer. Et oui, ça vient jouer dans la confiance. Il y a des moments comme ça ici et là pendant la formation que c’est sûr qu’ils ont été plus difficiles.

Je pense, justement, dans la dernière année, on a eu plusieurs occasions d’en parler de ça et de faire beaucoup de sensibilisation au niveau du personnel, justement, pour éviter. Et il y a de plus en plus d’étudiants autochtones maintenant à travers le Canada, mais au Québec aussi. Le programme continue toutes les années d’avoir du monde qui rentre de cette façon-là à travers les quatre facultés de médecine. Alors, ça devient de plus en plus important, dans le fond, d’en reparler de ces moments-là et éviter que ça arrive pour les futures générations, pour les étudiants qui commencent là, justement.

Alex Maheux :    

Absolument. Vous avez mentionné que dans la dernière année il y a eu beaucoup d’opportunités d’apprentissage pour tout le monde au Canada. J’aimerais mentionner que cette année c’était la première journée nationale de la vérité et de la réconciliation, le 30 septembre. C’était une étape vraiment importante, mais aussi qui est venu durant une année extrêmement difficile. Plusieurs personnes digèrent encore le recouvrement de nombreuses fosses communes cet été, et plus généralement la souffrance que les personnes autochtones au Canada ont vécue. Je sais que pour moi, personnellement, j’ai encore de la misère à comprendre que quand moi j’étais enfant, les pensionnats d’autochtones au Canada opéraient encore. Je ne sais pas si vous pouvez nous raconter un peu, soit dans votre vie personnelle ou dans votre métier, si vous voyez les impacts que les pensionnats autochtones ont eus sur les survivants et leurs familles?

Raven Dumont-Maurice :    

Oui, tout à fait. Je peux dire, au travail, heureusement, moi, en pédiatrie, je vois dans le fond donc ils sont nés à partir de 2001 et moins. La dernière école qui a été fermée en 96. Alors, je n’ai pas de patients comme tels qui l’ont vécu de première main. Par contre, on ne peut pas oublier, on ne peut pas diminuer les effets des traumas qui sont multigénérationnels. Dire que cette année ça a été hyper difficile, surtout sur les ados. Combien de ça est relié à la COVID, c’est sûr qu’il y en a beaucoup, mais ça a été hyper difficile année. Pour moi, avec ce qui s’est passé avec Joyce, c’est d’essayer de voir comment on peut augmenter l’éducation, comment on peut faire une différence ?

Chaque fois qu’il y avait une nouvelle de nouveaux numéros, dans le fond, c’est sûr, la première fois on a entendu le 215 à Kamloops à ce moment-là, ça a réverbéré à travers le pays. Et il y a beaucoup de gens qui venaient me voir, soit dans mon coin où j’habite ici, à Montréal, ou ailleurs qui disaient comment ça aurait pu se passer comme ça? 215 c’est horrible. À chaque fois, ça fait des années que les communautés [indicernable].

Alex Maheux :    

Vous le saviez déjà? On le savait déjà.

Raven Dumont-Maurice :    

On le savait et attendez les autres numéros. Évidemment, ça continue à augmenter. Ça ouvre de vieilles plaies, comme on dit, et ça se ressent, dans le fond. Moi, cliniquement, avec les patients, je ne fais pas ça de façon régulière dans mon questionnement, mais au niveau viscéral, oui, ça sent que ça a été vraiment une difficile année pour les familles et pour les enfants qu’on voit là.

Alex Maheux :    

Et comment vous aidez à guérir ces plaies soit pour vos patients ou même pour vous-même?

Raven Dumont-Maurice :    

Oui, bien je veux dire honnêtement, c’est de la résilience qui est une des choses les plus belles qui existe. Pour moi, personnellement, être à l’extérieur de la communauté, passer beaucoup de temps par chez nous. Quand j’étais au cégep, je retournais toutes les fins de semaine. Là c’est sûr, c’est un peu moins fréquent. Mais rebâtir ça et se rappeler pourquoi est-ce qu’on fait la profession qu’on fait, retourner aux bases, moi, c’est quelque chose qui recharge mes batteries comme qu’on pourrait dire. Et travailler sur les communautés aussi parce que mis à part tout ça, il y a des communautés qui, je ne vais pas pouvoir trouver le nom en français, driving and beautiful, et voir ça, ça a vraiment un effet réparateur comme on peut dire.

Alex Maheux :    

Certainement. Vous êtes docteur, vous avez aussi mentionné un peu, vous travaillez beaucoup dans le domaine de la sensibilisation pour la santé des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Qu’est-ce qui est le plus difficile et aussi peut-être le plus facile en tant que votre rôle de défenseur de vos communautés?

Raven Dumont-Maurice :    

C’est sûr que même s’il reste hyper beaucoup de travail à faire, dans la dernière année, on n’a jamais eu l’occasion d’avoir cette plateforme, d’avoir autant de conversation sur la santé autochtone, sur le racisme systémique et c’est en grande partie pour du courage de Joyce Echaquan. Alors, au niveau universitaire où j’enseigne aux étudiants en médecine, il y a vraiment une réception extraordinaire, les étudiants veulent apprendre. Même qu’on a visité la communauté cette année pour faire ce qu’on appelle un petit groupe. On a eu les 24 étudiants de première année au campus Outaouais, ils sont venus sur la communauté apprendre des gens-là et ça a été hyper bien reçu.

Alors, je dirais que c’est à court terme faire reconnaître l’humanité de nos peuples et dans le fond apprendre la réalité, les déterminants sociaux, les relations avec le fédéral qui forme la santé autochtone aujourd’hui. L’histoire et le présent sont vraiment hyper reliés à la santé autochtone et ce n’est pas quelque chose qui a été appris même quand les étudiants étaient au secondaire ou au primaire. Alors, à court terme, vraiment apprendre à la nouvelle génération et à long terme, la façon que je le vois, c’est si je retourne dans mon expérience, dans mon externat, dans ma résidence c’était souvent la génération comme on peut dire un la génération avant moi, disons. Ils n’ont pas la même formation que nous dans la santé autochtone. C’est là souvent qu’il peut y avoir des lacunes, qu’on pourrait dire, dans la santé autochtone. Ce n’est pas quelque chose qui a été appris quand qu’eux, ils passaient sur les bancs d’école.

Ça fait qu’à long terme, ça serait vraiment d’avoir de l’éducation en continu médicale pour vraiment faire le pont entre la nouvelle génération qui va graduer sous peu. Et beaucoup de rattrapage, dans mon opinion, sur la génération qui pratique maintenant qui est un peu plus, je ne veux pas dire le mot plus vieux, mais qui est en pratique depuis plus longtemps.

Alex Maheux :    

Quel serait votre message pour ces docteurs qui pratiquent encore qui n’ont peut-être pas eu la chance d’avoir la même formation que les étudiants qui ont la chance de vous entendre parler?

Raven Dumont-Maurice :    

Absolument. Ça serait de demeurer curieux. Dans le fond, challenge des fois des idées qui sont préconçues, qu’on ne sait pas forcément d’où ça vient, où est ce qu’on a appris ces comportements-là, où est-ce qu’on a appris souvent ces stéréotypes-là. Et souvent, on n’a pas la réponse parce qu’on n’a pas fait l’exercice aller voir. Et maintenant, c’est ça, il y a des formations en continu. Mon mentor, docteur Sailor, lui, il a fait une série webinaire. Il a fait une introduction qu’il commence à regarder sur la santé autochtone. Et maintenant, il les ressource, d’aller voir, d’aller chercher une formation en continu par une personne autochtone souvent parce qu’on commence à être plusieurs en médecine, en autre profession qui sont autochtone. Et ça peut challenge un peu le colonial narrative. Je ne sais pas comment le traduire, mais les choses vues d’une autre perspective. Et c’est vraiment important d’apprendre ce côté-là des choses et de voir le monde à travers d’autres yeux pour vraiment comprendre la santé autochtone, finalement.

Alex Maheux :  

Absolument. Qu’est-ce que vous voudriez que nos écouteurs sachent par rapport à la santé autochtone au Canada qu’on n’a peut-être pas encore discuté?

Raven Dumont-Maurice :    

En fait, on a parlé de l’histoire tantôt, mais nous, le curriculum où j’enseigne à McGill, on retourne vraiment en arrière. On parle de contact, on parle de la création de la loi sur les Indiens. Comment ça se forme aujourd’hui cette relation-là avec les déterminants sociaux ? Des choses qu’on peut voir, par exemple, si on regarde des choses comme Jordan’s principle, ça n’existerait pas s’il y avait cette relation avec le fédéral pour ce qui est des Premières Nations. 

Alors pour un nouvel étudiant, comprendre ça et vraiment aller voir dans l’histoire, c’est vraiment la première étape. Et une fois qu’on a vraiment visité cela, on va commencer à comprendre le présent. Comme je vous dis, les 2 ne sont vraiment pas séparés dans ma tête, c’est comme un continuum et voilà.

Alex Maheux :    

C’est extrêmement important de continuer à apprendre pour être capable de vraiment avoir une meilleure idée d’où qu’on vient pour savoir où on s’en va. Ma dernière question, vous avez mentionné que vous avez une petite fille à la maison. Qu’est-ce que vous espérez pour elle pour le futur?

Raven Dumont-Maurice :    

Honnêtement, c’est globalement plus inclusif. Si on fait bien, pour moi, je retourne souvent à Joyce, mais c’est parce que je pense hyper souvent à son histoire. S’il y a une chose qu’elle nous a montré, c’est de reconnaître l’humanité des peuples autochtones, comment le racisme systémique peut avoir un rôle ? Même après le rapport de la coroner, c’est quelque chose qu’elle demande comme appel à l’action, de vraiment reconnaître le racisme systémique pour pouvoir travailler ensemble, pour pouvoir avancer là-dessus. Et, je pense, pour les peuples autochtones, mais pour tout le monde dans le fond. Que les hôpitaux, que tous les services soient plus inclusifs et que ça soit quelque chose dans le passé. Qu’on puisse finalement en parler comme si c’était dans le passé, un problème qu’on a vu, qu’on a vraiment appris.

Pour l’instant, ce n’est vraiment pas dans le passé. Même depuis l’événement avec madame Echaquan, on voit encore des trucs tous les jours. Oui, il y a des conversations, oui, il y a comme un intérêt d’apprentissage qu’on n’a jamais vu auparavant, mais on est loin que ça soit du passé encore. Et ce que je souhaite pour elle, je ne sais pas ce qu’elle va vouloir devenir, si c’est dans le domaine de la santé ou non, que ce soit à n’importe, qu’on ait établi des ponts et que ça commence à être du passé, qu’on va dans la bonne direction.

Alex Maheux :    

C’est très bien dit. Raven, merci énormément de vous être joint à nous. J’espère, pour tous ceux qui écoute et pour tous, au Canada, qu’on peut continuer à bâtir des ponts comme vous avez dit et d’avoir plus d’humanité dans le monde.

Merci d’avoir été à l’écoute. Revenez-nous la prochaine fois quand nous vous présenterons d’autres sujets et perspectives de santé intéressants. Pour en savoir plus sur l’ICIS, consultez notre site web icis.ca. Si vous avez apprécié une discussion d’aujourd’hui, abonnez-vous à notre balado et suivez-nous sur nos réseaux sociaux. Cet épisode a été produit par Sushanna Smith et notre producteur exécutif, Jonathan Kuehlein.

Ici Alex Maheux, à la prochaine.

<Fin de l’enregistrement>

Comment citer ce contenu :

Institut canadien d’information sur la santé. L'état de la santé des Autochtones au Canada — Dre Raven Dumont-Maurice. Consulté le 6 avril 2025.