Rendre les services liés à la santé mentale et à l’utilisation de substances accessibles dans la collectivité
On observe une recrudescence des troubles liés à la santé mentale et à l’utilisation de substances au Canada¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð1. Selon les estimations, un Canadien sur 3 sera touché par un problème de santé mentale au cours de sa vie¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð2. Sans un traitement adéquat, les troubles liés à la santé mentale ou à l’utilisation de substances peuvent entraîner des répercussions sérieuses sur la vie des gens en augmentant les risques d’incapacité, de pauvreté et de chômage¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð3. Ils peuvent même écourter l’espérance de vie de 10 à 15 ans¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð4
Bien que les traitements, comme le counseling et les médicaments, peuvent aider, les estimations indiquent que moins d’une personne touchée sur 3 demande de l’aide¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð3. Le traitement précoce est particulièrement important chez les enfants et les jeunes, parce qu’il peut empêcher les symptômes de s’aggraver et favoriser la santé mentale tout au long de la vie¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð5.
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J’ai un trouble de santé mentale depuis plus de 30 ans. Personne ne sait vraiment comment m’aider autrement qu’en trouvant un médicament qui fonctionne pour moi. La stigmatisation constitue aussi un problème, surtout au travail — beaucoup des personnes dans cette situation n’en parlent pas et essaient de s’en sortir par elles-mêmes. — Patient partenaire anonyme, Colombie-Britannique
L’impact dévastateur des troubles liés à la santé mentale et à l’utilisation de substances a incité les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à faire de l’accès rapide aux services une de leurs priorités partagées en santé. Les indicateurs visant à mesurer les progrès dans ce secteur sont les suivants :
- Temps d’attente pour des services communautaires de counseling en santé mentale
- Jeunes de 12 à 25 ans ayant eu accès à des services intégrés pour les jeunes liés à la santé mentale, à l’utilisation de substances et au bien-êtreNote de bas de pagei
Temps d’attente pour des services communautaires de counseling en santé mentale
Les services de counseling d’un professionnel de la santé mentale, surtout s’ils sont fournis rapidement après l’apparition du trouble, peuvent améliorer la santé mentale à long terme et prévenir les hospitalisations¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð6. Lorsqu’ils ne sont pas accessibles au moment où la personne en a besoin, souvent en raison d’une longue liste d’attente, les symptômes peuvent s’aggraver et la personne est moins susceptible de se présenter à son premier rendez-vous.¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð6 ¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð7
Remarque
* Ces chiffres n’incluent pas les personnes qui ont payé elles-mêmes les services ou qui bénéficiaient d’une assurance privée, ni les personnes qui ont obtenu ces services sans les avoir planifiés (p. ex. à une clinique sans rendez-vous). Une personne sur 10 a attendu 143 jours ou plus.
Sources
Systèmes de collecte de données provinciaux et territoriaux, 2023-2024.
Le temps d’attente moyen (c.-à -d. le temps attendu par la moitié des personnes) pour des services communautaires de counseling en santé mentale variait en fonction de plusieurs facteurs, dont les suivants :
- Âge : Les enfants et les jeunes ont attendu, en moyenne, 2 jours de moins que les adultes.
- Sexe et genre : Les femmes ont attendu 2 jours de plus que les hommes.
- Format : Les personnes ont attendu 8 jours de moins pour du counseling virtuel que pour du counseling en personne (selon des données fournies par Terre Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Manitoba, l’Alberta, et les Territoires du Nord-Ouest).
Le temps d’attente pour des services de santé mentale varie selon la disponibilité de la main d’œuvre, la demande des patients, l’urgence des besoins et les préférences des clients, entre autres. Au cours des dernières années, de nombreuses autorités compétentes ont adopté un modèle de soins « par paliers » pour le counseling lié à la santé mentale et à l’utilisation de substances. Dans ce modèle de soins, les patients commencent par des traitements efficaces, mais moins exigeants en ressources, comme le counseling sans rendez-vous ou de courte durée. Selon les besoins de la personne, des soins spécialisés ou plus exigeants en ressources peuvent lui être proposés. En général, cette structure des soins peut favoriser l’accès rapide aux soins. Bien que les programmes comme le counseling sans rendez-vous ne soient pas inclus dans cet indicateur, la disponibilité de ces services peut aider à écourter l’attente pour des services communautaires de counseling en santé mentale sur rendez-vous.
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Le financement des soins pour les troubles liés à la santé mentale et à l’utilisation de substances s’est intensifié au cours des dernières années. Nous avons mis en œuvre de nouveaux programmes, comme Open Access, qui permet à quiconque d’obtenir du counseling en tout temps. Le manque de personnel représente notre principal obstacle — nous avons l’argent pour offrir d’excellents services, mais n’arrivons pas toujours à recruter ou à maintenir en poste les dispensateurs pour les fournir. — Debbra Cyr-Lebel, directrice des services aux adultes liés à la santé mentale et à l’utilisation de substances, ministère de la Santé, Nouveau-Brunswick
Jeunes de 12 à 25 ans ayant eu accès à des services intégrés pour les jeunes liés à la santé mentale, à l’utilisation de substances et au bien-être
Malgré l’importance d’intervenir rapidement chez les jeunes atteints de troubles liés à la santé mentale et à l’utilisation de substances, il y a trop peu de services conçus pour répondre à leurs besoins particuliers. Souvent, les services offerts sont dispersés entre divers organismes et dispensateurs indépendants, et l’attente est longue¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð5. L’accès aux soins peut devenir encore plus difficile lorsque les jeunes atteignent l’âge de 18 ans et doivent faire la transition vers les services aux adultes.
Pour s’attaquer à ces difficultés, plusieurs provinces et territoires ont adopté le modèle de soins des Services intégrés pour les jeunes (SIJ)¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð8. En collaboration avec des partenaires dans la collectivité, les sites de SIJ rassemblent les services aux jeunes dans un même endroit afin d’offrir des soins liés à la santé mentale et à l’utilisation de substances, ainsi que des soins de première ligne, des services sociaux (comme le soutien à l’emploi et aux études) et des services adaptés à la culture.
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Passer d’un service à l’autre peut s’avérer incroyablement frustrant […]. Cela peut vous décourager de demander l’aide dont vous avez besoin. Mais les SIJ regroupent toutes les ressources au même endroit[…]. Pas besoin de se répéter 10 fois pour recevoir le soutien requis. — Conseiller anonyme auprès des jeunes des SIJ
Les jeunes n’ont pas besoin de demande d’orientation pour avoir accès aux SIJ — ils n’ont qu’à se présenter à un site. Dans certains cas, des services virtuels sont aussi offerts. Afin de s’assurer que les services fournis soient adaptés à la collectivité servie, le personnel des SIJ collabore avec les jeunes clients et leurs familles pour concevoir avec eux des programmes qui répondent aux besoins de chaque collectivité.
Selon des données recueillies à Terre-Neuve-et-Labrador, en Ontario, au Manitoba et en Colombie-Britannique, il y a eu 164 819 visites dans les sites de SIJ en 2022-2023. En moyenne, les clients y sont venus 5 fois au cours de l’annéeNote de bas de pageii.
Sources
Réseaux provinciaux et territoriaux des SIJ, mars 2024.
À Terre-Neuve-et-Labrador, en Ontario et en Colombie-Britannique, les jeunes de 17 et 18 ans ont été les plus nombreux à utiliser les SIJ, ce qui suggère que ces services sont particulièrement importants pour les jeunes qui, autrement, seraient transférés vers les services aux adultes. La collecte de données est essentielle pour mesurer l’accès aux SIJ. La hausse du nombre de sites de SIJ qui recueillent des données normalisées permettra d’augmenter les données disponibles.
Outre les SIJ, on compte plusieurs autres modèles de services liés à la santé mentale et à l’utilisation de substances destinés aux jeunes. L’indicateur ¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð9 de l’ICIS fournit de l’information supplémentaire sur l’accès des enfants et des jeunes aux services liés à la santé mentale et à l’utilisation de substances.
Que devons-nous savoir de plus?
Depuis plusieurs années, on observe une recrudescence de la demande pour des services liés à la santé mentale et à l’utilisation de substances en raison des facteurs de stress qui pèsent sur les Canadiens, comme la pandémie de COVID-19, la crise des opioïdes et les préoccupations financières accrues.
L’accès aux soins demeure difficile. En 2022, à l’échelle du Canada (à l’exception des territoires), environ 1,5 million de Canadiens (24,9 %) atteints d’un trouble de santé mentale ont déclaré avoir des besoins à cet effet qui n’étaient pas satisfaits ou qui ne l’étaient que partiellement¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð10
- Ce groupe comprenait une plus grande proportion de femmes (28,4 %) que d’hommes (20,2 %).
- Il incluait également presque 2 fois plus de Canadiens de 25 à 44 ans (29,0 %) que de Canadiens de 65 ans et plus (14,3 %)¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð10.
Il est fondamental de comprendre les obstacles à l’accès aux soins et de recueillir des données sur les personnes qui n’obtiennent pas les services nécessaires pour trouver des façons d’offrir à tous les membres de la population les services dont ils ont besoin. Des indicateurs supplémentaires sur les besoins insatisfaits en matière de soins de santé mentale, sur l’attente pour des services liés à l’utilisation de substances et sur les soins de suivi reçus par les Canadiens après une hospitalisation pour un trouble lié à la santé mentale ou à l’utilisation de substances nous éclaireront sur la façon d’améliorer les soins.
Ressources connexes
- Temps d’attente pour des services communautaires de counseling en santé mentale, 2022-2023 — tableaux de données (XLSX)
- Jeunes de 12 à 25 ans ayant eu accès à des services intégrés pour les jeunes liés à la santé mentale, à l’utilisation de substances et au bien-être, 2022-2023 — tableaux de données (XLSX)
- Santé mentale et utilisation de substances
- , Statistique Canada
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1.
Institut canadien d’information sur la santé. Enquête du Fonds du Commonwealth, 2023. Consulté le 26 juillet 2024.
2.
Infobase de la santé publique du gouvernement du Canada. . Consulté le 23 juillet 2024.
3.
Association médicale canadienne, Association des psychiatres du Canada. . 2016.
4.
Solmi M, et al. . Molecular Psychiatry. Juin 2021.
5.
Malla A, et al. . Canadian Journal of Psychiatry. Avril 2018.
6.
Organisation de coopération et de développement économiques. . 2020.
7.
Gallucci G, Swartz W, Hackerman F. . Psychiatric Services. Mars 2005.
8.
Instituts de recherche en santé du Canada. . Consulté le 23 juillet 2024.
9.
Institut canadien d’information sur la santé. Défis communs liés aux priorités partagées : mesure de l’accès aux services à domicile et aux soins communautaires ainsi qu’aux services liés à la santé mentale et à l’utilisation de substances au Canada — volume 4, décembre 2022. 2022.
10.
Statistique Canada. . Consulté le 4 septembre 2024.
Footnotes
i.
L’ICIS souhaite donc reconnaître la contribution de Jo Henderson, directrice générale, Carrefours bien être pour les jeunes de l’Ontario, qui a codirigé l’élaboration de cet indicateur.
ii.
Ce calcul repose sur la division du nombre de jeunes distincts qui ont accédé aux SIJ par le nombre de visites aux sites de SIJ.
Comment citer ce contenu :
Institut canadien d’information sur la santé. Rendre les services liés à la santé mentale et à l’utilisation de substances accessibles dans la collectivité . Consulté le 3 avril 2025.

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