Accès aux soins primaires : de nombreux Canadiens connaissent des difficultés
Il est important pour les Canadiens d’avoir un dispensateur habituel de soins de santé dans la collectivité et de pouvoir accéder à ces soins lorsqu’ils en ont besoin. Les dispensateurs de soins, comme les médecins de famille ou les infirmières praticiennes, offrent des soins de routine pour des problèmes médicaux chroniques et mineurs. Ils peuvent orienter les patients vers des spécialistes¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð1.
Les données dont nous disposons sur les soins primaires au Canada indiquent un besoin non satisfait pour ce type de soins dans la collectivité.
Accès aux soins primaires au Canada
Une visite sur 7 au service d’urgence concernait des conditions propices aux soins primaires. Plus de la moitié de celles-ci auraient pu être prises en charge virtuellement*. 
17 % des adultes canadiens déclarent ne pas avoir de dispensateur habituel de soins de santé†.
74 % des adultes canadiens indiquent ne pas être en mesure d’obtenir un rendez-vous le jour même ou le lendemain pour consulter un médecin ou une infirmière‡.
77 % des adultes canadiens estiment qu’il n’est pas facile d’accéder à des soins de santé le soir, la fin de semaine ou un jour férié‡.
Depuis 2014, le taux annuel de croissance du nombre de médecins de famille au Canada a presque diminué de moitié§.
Les personnes qui vivent dans une région rurale ou éloignée se heurtent à des difficultés particulières en ce qui concerne l’accès aux soins primaires.
Remarque
Les statistiques relatives aux services d’urgence sont fondées sur les données de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario, de la Saskatchewan, de l’Alberta et du Yukon.
Sources
* Système national d’information sur les soins ambulatoires, 2023-2024, Institut canadien d’information sur la santé.
†Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, 2023, Statistique Canada.
‡ Enquête du Fonds du Commonwealth, 2023, Institut canadien d’information sur la santé.
§ Base de données médicales Scott’s, 2013 à 2022.
Pour recevoir des soins primaires, une personne doit avoir accès à un endroit où ce type de soins sont fournis, au moment voulu et sans trop de difficultés.
Toutefois, 17 % des Canadiens n’ont pas de dispensateur habituel de soins, comme un médecin de famille ou une infirmière praticienne¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð2. Cette proportion s’est dégradée au fil du temps. En outre, le Canada s’est classé à la dernière place à ce chapitre parmi 10 pays à revenu élevé en 2023¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð3.
Parmi les répondants de ces 10 pays à revenu élevé, les Canadiens étaient aussi les moins susceptibles de déclarer qu’ils pouvaient obtenir un rendez-vous le jour même ou le lendemain (26 %). Le Canada affiche l’un des pourcentages les plus faibles de répondants (23 %) qui déclarent pouvoir obtenir facilement des soins médicaux le soir, la fin de semaine ou un jour férié¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð3. Ces proportions ont empiré au fil du temps.
Le nombre de places non pourvues dans les programmes de résidence en médecine familiale a augmenté et, par rapport à il y a 5 ans, la croissance du nombre de médecins de famille a ralenti. Les médecins de famille voient également moins de patients qu’il y a 5 ans. Bien que le nombre d’infirmières praticiennes augmente, il pourrait ne pas suffire à satisfaire les besoins des Canadiens en matière de soins primaires¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð4 ¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð5.
Selon nos données les plus récentes, 15 % des visites au service d’urgence au Canada concernent des conditions propices aux soins primaires. Et plus de la moitié de ces visites sont attribuables à des conditions qui auraient pu être prises en charge virtuellement.
Prestation de soins primaires
Les modèles de prestation des soins primaires diffèrent d’une province et d’un territoire à l’autre. Ces modèles déterminent la façon dont les soins primaires sont offerts, selon le contexte local. Certaines autorités compétentes préconisent l’utilisation d’équipes composées de plusieurs dispensateurs, car elles offrent davantage de flexibilité et permettent de dispenser des soins en dehors des heures normales, tout en préservant la continuité des soins¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð2 ¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð6 ¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð7.
Dans les régions où les ressources peuvent être limitées, en particulier dans les régions rurales et éloignées, les médecins jouent souvent plusieurs rôles; ils offrent notamment des soins primaires ainsi que des soins d’urgence à un même endroit, comme un service d’urgence. Ainsi, il est possible que le service d’urgence soit l’endroit où les patients accèdent régulièrement aux soins primaires — ou même le seul endroit où ils peuvent obtenir des soins pour un grand nombre d’entre eux.
Des approches novatrices sont adoptées pour résoudre les difficultés liées à l’accès aux soins primaires. Même si certaines solutions n’accroissent pas nécessairement l’accès aux soins primaires, elles peuvent améliorer l’expérience des patients, notamment en réduisant les temps d’attente par rapport aux temps d’attente habituels d’un service d’urgence :
- Des programmes de soins primaires virtuels peuvent aider à prendre en charge de nombreux problèmes de santé en temps voulu sans que le patient ait besoin d’être physiquement à proximité d’un clinicien lors du rendez-vous, tout en maintenant la relation patient-dispensateur, qui est importante en soins primaires¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð7 ¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð8 ¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð9. Les soins virtuels sont surtout avantageux pour les patients qui vivent dans une région rurale ou éloignée.
- Des centres de soins urgents ou des points d’accès à des soins virtuels sont disponibles dans les services d’urgence de certaines autorités compétentes pour le traitement des problèmes de santé moins urgents ou mineurs en temps opportun, déviant ces patients du flux habituel du service d’urgence¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð10 ¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð11.
- Des programmes de réorientation ont également été mis en Å“uvre. Dans ces programmes, les patients qui se présentent au triage d’un service d’urgence avec un problème de santé mineur sont redirigés vers un omnipraticien de la collectivité¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð12 ¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð13.
- Des politiques visant à accroître le nombre de cliniciens offrant des soins primaires, particulièrement dans les régions mal servies, peuvent améliorer l’accès pour les patients¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð6 ¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð7.
- Les provinces et les territoires peuvent aussi envisager des modèles de rémunération différents pour les médecins, ce qui peut avoir une incidence sur la façon dont les soins sont organisés et prodigués¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð6 ¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð7.
- Des politiques et une formation mettant l’accent sur l’équité et l’inclusion peuvent être mises en Å“uvre pour veiller à ce que les groupes de population qui ont plus difficilement accès aux soins puissent obtenir des soins de façon sécuritaire et inclusive sur le plan culturel¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð6.
Une conception consciencieuse est nécessaire pour assurer un accès équitable et permettre la continuité des soins¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð7 ¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð8 ¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð9.
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J’éprouvais une douleur terrible à la hanche et au genou, mais je n’avais aucune raison d’aller au service d’urgence. Une visite en cabinet aurait été plus que suffisante, mais je n’avais pas le choix; j’étais très préoccupée par la douleur. Votre médecin de famille vous connaît; il connaît votre historique médical. J’aimerais vraiment qu’il y ait des cliniques communautaires ou intégrées qui disposent d’un médecin, d’une infirmière praticienne, d’un diététiste, etc. — Shelley Petit, présidente, Coalition des personnes handicapées du Nouveau-Brunswick
Indicateurs de l’accès aux soins primaires
Au Canada, on utilise actuellement des sondages et des ensembles de données issus d’initiatives locales pour accroître la compréhension de l’accessibilité et de l’utilisation des services de soins primaires. Bien que nous recevions de plus en plus de données du secteur des soins primaires, des données de haute qualité sur l’accès aux soins primaires pouvant être générées régulièrement et comparées avec le reste du pays demeurent nécessaires, particulièrement à l’échelle régionale¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð2.
Il est possible de surveiller les besoins d’accès aux soins primaires non satisfaits en observant la situation dans les services d’urgence. Nous avons constaté que 15 % des visites au service d’urgence concernaient des conditions propices aux soins primaires, et que plus de la moitié de ces cas, soit 9 % de l’ensemble des visites au service d’urgence, étaient attribuables à des conditions qui auraient pu être prises en charge en soins primaires virtuels.
Bien que les problèmes de santé mineurs contribuent aux volumes élevés de patients dans les services d’urgence, ils ne constituent pas un facteur d’engorgement¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð14, mais signalent plutôt un accès inadéquat à des soins primaires de haute qualité ou en temps opportun.
L’examen des raisons pour lesquelles les patients se rendent au service d’urgence peut offrir de l’information concernant les répercussions de l’accès aux soins primaires sur la population canadienne. Ces renseignements peuvent aussi permettre d’améliorer l’accès, ce qui pourrait façonner le futur rôle des soins primaires au Canada.
Lisez les prochaines sections du rapport pour en savoir plus sur ces nouveaux indicateurs de l’accès aux soins primaires.
Ressources en vedette
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Ressources connexes
- Un meilleur accès aux soins de première ligne pour des Canadiens en meilleure santé
- Information de l’ICIS sur la main-d’œuvre de la santé
- ICIS : Soins connectés
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¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ðs
1.
Institut canadien d’information sur la santé. Soins de santé primaires. Consulté le 28 août 2024.
2.
Institut canadien d’information sur la santé. Un meilleur accès aux soins de première ligne pour des Canadiens en meilleure santé. Consulté le 18 octobre 2024.
3.
Institut canadien d’information sur la santé. Une enquête internationale révèle que le Canada accuse un retard au chapitre de l’accès aux soins de première ligne. Consulté le 28 juin 2024.
4.
Institut canadien d’information sur la santé. Changements dans la pratique des médecins de famille au Canada. Consulté le 2 juillet 2024.
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Institut canadien d’information sur la santé. La main-d’œuvre de la santé au Canada, 2022 — Statistiques éclair (mise à jour en juin 2024). Juin 2024.
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Institut canadien d’information sur la santé. L’élargissement des soins virtuels au Canada : nouvelles données et informations (PDF) . Consulté le 28 juin 2024.
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Comment citer ce contenu :
Institut canadien d’information sur la santé. Accès aux soins primaires : de nombreux Canadiens connaissent des difficultés. Consulté le 5 avril 2025.

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