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Mesurer l’accès aux soins primaires en fonction de l’utilisation des services d’urgence

Les patients doivent avoir accès à des soins primaires permettant de combler leurs besoins habituels en matière de soins de santé. Toutefois, bon nombre d’entre eux ont de la difficulté à accéder à ces soins et doivent donc se tourner vers les services d’urgence.

Selon une analyse des données, 15 % des visites au service d’urgence au sein des provinces et territoires examinés concernent des conditions propices aux soins primaires. Cette situation indique que les besoins en soins primaires ne sont pas comblés.

Les soins primaires et le service d’urgence

Près d’un Canadien sur 5 n’a pas de dispensateur habituel de soins de santé¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð1. Et même ceux qui en ont un n’arrivent pas nécessairement à accéder aux soins lorsqu’ils en ont besoin¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð2.

Les soins primaires de haute qualité constituent la pierre angulaire du système de santé canadien, et l’amélioration de l’accès à ces soins est l’une priorité des gouvernements partout au Canada¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð1.

Les Canadiens qui ont besoin de soins de santé primaires, mais n’y ont pas accès en temps opportun, cherchent souvent à se faire soigner au service d’urgence. Les temps d’attente peuvent y être longs et les patients n’ont pas les avantages qu’offre la possibilité de voir leur dispensateur habituel de soins de santé, qui est spécialisé en médecine familiale¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð3.

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J’éprouvais une forte douleur à l’estomac, mais je n’avais pas de médecin de famille. Je me suis donc rendue à l’urgence en sachant que d’autres personnes présentant des problèmes plus urgents s’y trouvaient, mais je n’avais pas d’autre solution. Il était tard et la salle d’attente était bondée. Il semble qu’il n’y a pas suffisamment de médecins ou même de dispensateurs de soins paramédicaux. Nous passons souvent par notre médecin de famille pour tout, pour être aiguillés vers n’importe quel spécialiste ou même pour demander une analyse de sang. — Melanie De Sousa, patiente partenaire

Les Canadiens préféreraient ne pas aller au service d’urgence s’ils pouvaient recevoir des soins ailleurs¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð4 ¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð5. Et pour bon nombre d’entre eux, leur plus récente visite à l’urgence aurait pu être gérée par leur dispensateur habituel de soins¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð2.

Pourquoi les patients se rendent-ils au service d’urgence pour des conditions propices aux soins primaires? Il peut y avoir différentes raisons. En voici quelques-unes :

  • Les patients n’ont pas de dispensateur habituel de soins de santé ou, s’ils en ont un, celui-ci n’est pas disponible assez rapidement ou pas à un moment qui leur convient.
  • Le service d’urgence est l’endroit le plus proche — ou le seul — où le patient peut obtenir des soins. (Cela est particulièrement vrai dans les régions rurales et éloignées.)
  • Les patients ont l’impression que s’ils vont ailleurs, ils n’obtiendront pas un service de même qualité ou aussi rapidement qu’à l’urgence. L’urgence peut aussi être l’endroit que les patients connaissent le mieux et où ils se sentent le plus en sécurité.
  • L’état du patient s’est dégradé — possiblement en raison d’un mauvais accès à des soins primaires de qualité — à un point tel qu’une visite à l’urgence est nécessaire.

La nécessité d’obtenir des soins primaires dans un service d’urgence a également des conséquences pour le système de santé. Un service d’urgence n’est pas l’endroit idéal pour offrir des soins primaires aux patients et l’utiliser à cette fin peut rendre le système moins efficace¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð3.

L’obtention des soins appropriés au bon endroit et au bon moment est un défi pour les patients et pour les gouvernements qui doivent financer et mettre en place les infrastructures appropriées.

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Lorsqu’il est question d’engorgement des services d’urgence, il arrive souvent que le débat semble donner préséance aux patients sur les civières plutôt qu’aux patients en soins ambulatoires. Toutefois, les patients en soins ambulatoires représentent plus de 60 % des visites à l’urgence au Canada. Les temps d’attente et le manque d’accès aux soins auxquels ils se heurtent sont inacceptables. Une grande partie de ces patients devraient, en réalité, être reçus dans des cliniques de soins primaires. Un véritable changement structurel nécessite d’abord des mesures. Ce changement est plus que jamais nécessaire pour la pérennité de nos services d’urgence et pour la qualité des soins offerts à la population. — Dr Simon Berthelot, urgentologue, professeur agrégé et chercheur, Département de médecine de famille et de médecine d’urgence, Université Laval

Nos données indiquent qu’une visite sur 7 dans les services d’urgence des provinces et territoires examinés concernait une condition propice aux soins primaires. À l’échelle de 6 provinces et territoiresNote de bas de pagei, cela représente environ 1,2 million de visites au service d’urgence chaque année. 

Ces données incluent 173 conditions ou motifs de consultation, les plus courants étant la prescription d’antibiotiques, les rhumes, les maux de gorge, les otites et les renouvellements d’ordonnance. 

Nos données ne peuvent pas être utilisées à l’échelle individuelle pour comprendre la pertinence des soins. Toutefois, de façon globale, cette proportion met en lumière la possibilité de mieux répondre aux besoins non comblés des Canadiens quant à la prestation de soins primaires dans leur collectivité. 

Utilisation des indicateurs

Les données du présent rapport illustrent une mesure indirecte de l’accès aux soins primaires à l’échelle des systèmes de santé. Ces indicateurs évaluent les tendances générales d’utilisation des services d’urgence. Ils peuvent fournir de l’information qui permettra aux décideurs et aux planificateurs des systèmes de santé d’apporter des améliorations afin de mieux répondre aux besoins des patients. Ils s’ajoutent aussi aux renseignements limités dont nous disposons déjà pour surveiller l’accès aux soins primaires à l’échelle régionale. 

Ces données ne rendent pas compte des situations particulières des patients ni de la pertinence d’une visite au service d’urgence. Les conditions prises en compte dans l’indicateur peuvent, dans la plupart des cas, être prises en charge en soins primaires. Toutefois, certains cas pourraient être mieux traités dans un service d’urgence.

À l’échelle de la population, ces indicateurs fournissent de précieux renseignements qui permettent de comprendre les répercussions de l’accès aux soins primaires sur le système de santé en général. Consultez l’outil pour explorer les données plus en détail et comparer les résultats de l’indicateur selon l’emplacement géographique et les périodes de temps.

Ce que révèlent les données

La proportion de visites à l’urgence pour des conditions propices aux soins primaires a chuté pendant la pandémie de COVID-19 en 2020 et 2021. Cette baisse témoigne des tendances observées quant à l’utilisation du service d’urgence pendant la pandémie, période durant laquelle les visites à l’urgence ont diminué de façon générale, particulièrement les visites non urgentes¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð6.

Cette proportion est désormais revenue aux niveaux observés avant la pandémie, mais a légèrement diminué au cours de la dernière année. Parallèlement, le pourcentage de Canadiens qui déclarent avoir un dispensateur habituel de soins a diminué¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð2. La surveillance de ces proportions au fil du temps permet d’étudier les tendances ayant une incidence sur l’accès aux soins primaires.

Bien que 15 % de l’ensemble des visites au service d’urgence au Canada concernaient des conditions propices aux soins primaires, ce pourcentage varie au pays. La figure ci-dessus illustre ses variations en fonction de la province ou du territoire de résidence du patient, ajusté selon l’âge et le sexe. 

Le pourcentage varie aussi à l’intérieur des provinces. Consultez pour explorer les résultats à l’échelle régionale. 

 

Comprendre les données du Québec et de la Colombie-Britannique

En raison de différences dans les données, les résultats du Québec et de la Colombie-Britannique sont sous-estimés et ne sont pas comparables à ceux d’autres provinces et territoires. 

Cela s’explique principalement par le fait que les données de ces provinces excluent la plupart des patients qui ont quitté le service d’urgence sans avoir été vus par un clinicien ou contre l’avis du médecin. Et il s’agit là d’une proportion importante de l’ensemble des visites au service d’urgence : 12 % au Québec, 6 % en Colombie-Britannique et 8 % dans les autres provinces et territoires. 

Les patients qui quittent le service d’urgence sans avoir été vus par un clinicien présentent des caractéristiques qui diffèrent généralement de celles des patients qui attendent d’être vus. En effet, selon les données sur leur niveau de triage, leur problème était moins urgent. Ils sont aussi plus susceptibles d’avoir eu une condition propice aux soins primaires. 

De plus, les données de la Colombie-Britannique sont incomplètes. La couverture se limite en grande partie aux régions urbaines, où la population compte généralement moins sur les services d’urgence pour recevoir des soins primaires.

Les données du Québec et de la Colombie-Britannique peuvent être comparées entre les régions et dans le temps dans chaque province. Cependant, en raison des différences énoncées plus haut, les données de ces 2 provinces sur le sujet ne peuvent être comparées à celles d’autres provinces et territoires canadiens. 

Ressources en vedette

Votre système de santé

Explorez les résultats des indicateurs par province, territoire ou région.

Pour nous joindre

Si vous avez des questions ou souhaitez en savoir plus, écrivez-nous.

pss@cihi.ca

Note de bas de page

i.

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Comprend l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, l’Ontario, la Saskatchewan, l’Alberta et le Yukon.

¸éé´Úé°ù±ð²Ô³¦±ðs

1.

Retour à la référence 1 dans le texte

Institut canadien d’information sur la santé. Un meilleur accès aux soins de première ligne pour des Canadiens en meilleure santé. Consulté le 18 octobre 2024.

2.

Retour à la référence 2 dans le texte

Institut canadien d’information sur la santé. Une enquête internationale révèle que le Canada accuse un retard au chapitre de l’accès aux soins de première ligne. Consulté le 28 juin 2024.

3.

Retour à la référence 3 dans le texte

Atkinson P, et al. Canadian Journal of Emergency Medicine. 2022.

4.

Retour à la référence 4 dans le texte

Samman K, et al. . Canadian Journal of Emergency Medicine. 2024.

5.

Retour à la référence 5 dans le texte

Krebs LD, et al. . Emergency Medicine Journal. 2017.

6.

Retour à la référence 6 dans le texte

Institut canadien d’information sur la santé. Incidence de la COVID-19 sur les services d’urgence. Consulté le 3 juillet 2024.

 
 

Comment citer ce contenu :

Institut canadien d’information sur la santé. Mesurer l’accès aux soins primaires en fonction de l’utilisation des services d’urgence. Consulté le 5 avril 2025.